À l’occasion du Mois de la santé mentale, Appartenances a organisé, le 17 septembre 2026, une table ronde consacrée aux enjeux de la reconstruction identitaire et de l’estime de soi en contexte migratoire. Réunissant une psychologue, une interprète communautaire et un ancien patient de la Consultation Psychothérapeutique pour Migrant·es, cette rencontre a permis de croiser savoirs expérientiels et pratiques cliniques.

Comme relevé par tout le panel présent, la langue est un enjeu central de l’estime de soi. Elle participe en effet à la construction de l’identité, mais aussi au sentiment de compétence et d’autonomie. Lorsqu’une personne ne peut pas s’exprimer dans une langue qu’elle maîtrise, elle perd une partie de ses capacités et, avec elles, une part de ce qu’elle était auparavant.

Pouvoir faire entendre sa voix prend alors un sens très concret. Raconter son histoire, nommer ce que l’on ressent et être compris·e permet de renouer avec une forme de continuité de soi. Reconstruire son estime de soi ne consiste donc pas simplement à «se refaire confiance». Il s’agit progressivement de retrouver des repères, de reconnaître ses capacités, de recréer des relations et de pouvoir à nouveau occuper une place.

Cette reconstruction repose sur plusieurs dimensions étroitement liées: regagner un sentiment de sécurité, pouvoir se raconter dans une langue qui permet d’exprimer pleinement son vécu, être accompagné·e par des professionnel·les et un entourage qui reconnaissent son histoire et ses compétences, mais aussi recréer des liens et retrouver un sentiment d’appartenance.

Dans ce contexte, l’interprétariat communautaire peut jouer un rôle essentiel. L’interprète ne se limite pas à transmettre des mots d’une langue à une autre. Par sa connaissance des contextes et des références culturelles, son intervention contribue à créer les conditions nécessaires pour que la personne puisse s’exprimer, partager son expérience et être reconnue dans ce qu’elle vit.

Trouver sa place, c’est pouvoir à nouveau se sentir partie prenante d’un collectif; retrouver sa voix, c’est recouvrer la possibilité de se dire et d’être entendu·e: deux dimensions essentielles pour reconstruire l’estime de soi et, plus largement, soutenir le bien-être psychique.

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Panel

Marie-Claire Dubois, psychologue au sein de la Consultation Psychothérapeutique pour Migrant·es (CPM) d’Appartenances

Özlem Dursun, interprète communautaire et médiatrice interculturelle au sein d’Appartenances

Sergiy Tuleyko, ancien patient de la CPM d’Appartenances

Eugenia Larionova, interprète communautaire, pour la traduction de et vers la langue ukrainienne pour Sergiy Tuleyko

Modération

Nathalie Bennoun, responsable adjointe de la CPM d’Appartenances et psychologue

 

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